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Guide · Industrie et métallurgie · Mis à jour le 21 septembre 2026

TMS dans l'industrie et la métallurgie : chiffres, gestes exposés et prévention

Les troubles musculosquelettiques (TMS) touchent les muscles, les tendons et les articulations. Dans l'industrie métallurgique, ils représentent 79 % des maladies professionnelles reconnues, et 92 % d'entre eux touchent les membres supérieurs (Assurance Maladie). Ce guide rassemble les chiffres, les obligations et la démarche.

Les chiffres

Les TMS, première maladie professionnelle de la métallurgie

Quatre maladies professionnelles reconnues sur cinq sont des TMS dans l'industrie métallurgique. Le secteur reste au-dessus de la moyenne nationale, et il concentre le plus grand nombre de décès liés à une maladie professionnelle avec le BTP.

ChiffreCe qu'il mesureSource
79 %Part des TMS dans les maladies professionnelles reconnues de l'industrie métallurgiqueAssurance Maladie
92 %Part des TMS du secteur qui touchent les membres supérieursAssurance Maladie
55 %Part des accidents du travail du secteur qui font suite à une manutention manuelleAssurance Maladie
2,7 millionsJours de travail perdus chaque année dans le secteurAssurance Maladie
3,0 ‰Indice de fréquence des TMS du comité technique national Métallurgie en 2024 (2,0 ‰ tous secteurs)Rapport annuel 2024
6 237Maladies professionnelles en premier règlement dans la métallurgie en 2024Rapport annuel 2024
3 366Incapacités permanentes reconnues dans le secteur en 2024Rapport annuel 2024
1 771 887Journées d'incapacité temporaire dans le secteur en 2024Rapport annuel 2024

Chiffres relevés le 21 septembre 2026 sur les pages et le rapport cités. Les données par secteur publiées par l'Assurance Maladie portent sur 2019 ; celles du rapport annuel portent sur 2024.

Les situations exposées

Quels gestes exposent aux TMS en atelier ?

La métallurgie se distingue du BTP par la nature de l'exposition : moins de charges lourdes ponctuelles, davantage de gestes répétés à cadence imposée. D'où la part écrasante des membres supérieurs dans les TMS reconnus.

  • les gestes répétés sur des cycles courts, pendant toute la durée du poste
  • le travail à hauteur d'épaule ou bras levés, sur des pièces suspendues ou en hauteur
  • les efforts de préhension et de serrage, en particulier avec des gants
  • les vibrations des machines-outils portatives : meuleuses, visseuses, burineurs
  • la manutention de pièces, de bacs et de rebuts entre deux postes
  • les postures statiques debout, sur un poste peu réglable

Les zones concernées suivent la logique du geste, pas celle de la charge :

ZoneCe qui la sollicite
ÉpauleTravail bras levés, pièces à hauteur ou au-dessus des épaules
CoudeGestes répétés en rotation, vissage, meulage
Poignet et mainPréhension serrée, outils vibrants, gestes fins répétés
DosManutention de bacs et de pièces, torsions entre deux postes

La répartition des TMS par zone vient des données nationales du secteur. Elle ne remplace pas l'évaluation des risques de votre entreprise.

Les obligations

Ce que le Code du travail demande à l'employeur

Il n'existe pas de texte propre aux TMS. Ils relèvent de l'obligation générale de sécurité et de quelques règles précises sur la manutention. Dans un atelier, c'est surtout la conception des postes et l'organisation des cadences qui donnent prise à ces principes.

TexteCe qu'il prévoit
L4121-1L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs.
L4121-2Neuf principes de prévention, dont : éviter les risques, les combattre à la source, adapter le travail à l'homme et privilégier la protection collective.
R4121-2Le document unique (DUERP) est mis à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins 11 salariés.
R4541-3L'employeur organise le travail et utilise des moyens appropriés, notamment mécaniques, pour éviter la manutention manuelle.
R4541-7 et R4541-8Information sur le poids des charges, information sur les risques et formation à la sécurité pour les travailleurs qui manutentionnent.
R4541-9Au-delà de 55 kg, port habituel soumis à l'avis d'aptitude du médecin du travail, dans la limite de 105 kg ; 25 kg pour les femmes.

Côté reconnaissance, les TMS sont indemnisés au titre des tableaux de maladies professionnelles n° 57, 69, 79, 97 et 98 du régime général (INRS). Le tableau 69 vise spécifiquement les affections provoquées par les vibrations et les chocs transmis par les machines-outils.

La démarche

Comment organiser la prévention des TMS en atelier ?

L'Assurance Maladie propose un parcours en quatre étapes, TMS Pros, ouvert à toutes les entreprises. L'ordre compte : l'organisation et le matériel d'abord, les gestes ensuite.

  1. Faire un premier état des lieux

    Déclarations, restrictions d'aptitude, postes les plus souvent évités par les opérateurs, plaintes d'épaule et de poignet. Le DUERP est le point de départ.

  2. Formaliser le projet

    Désigner qui pilote, associer l'encadrement de production et les représentants du personnel, fixer un calendrier compatible avec les impératifs de production.

  3. Diagnostiquer et agir

    Observer les cycles réels, poste par poste, puis agir d'abord sur les réglages, les aides à la manutention, les rotations et les cadences, avant la formation et les exercices.

  4. Mesurer et suivre

    Suivre les actions engagées, les remontées des opérateurs et les indicateurs, et mettre le DUERP à jour.

Les exercices physiques (échauffement, mobilité des épaules et des poignets) viennent à la fin de cette liste. L'INRS rappelle qu'ils complètent la prévention collective et ne la remplacent pas.

Pour le financement : la Subvention prévention des risques ergonomiques (FIPU) prend en charge 70 % de certaines dépenses, dans toutes les tailles d'entreprise, sous conditions.

Notre rôle

Où Human to Hero intervient

Nous intervenons sur la partie humaine de la démarche : observation du travail réel, sensibilisation par la pratique et échauffements de prise de poste. Nous ne réalisons pas d'études ergonomiques de poste ni de mesures de vibrations, qui relèvent d'un ergonome et d'un préventeur.

Questions fréquentes

TMS dans la métallurgie : vos questions

Quelle part des maladies professionnelles de la métallurgie sont des TMS ?

79 % des maladies professionnelles reconnues dans l'industrie métallurgique sont des troubles musculosquelettiques, selon l'Assurance Maladie. Tous secteurs confondus, la part est de 88 %.

Quelles parties du corps sont les plus touchées ?

Les membres supérieurs : 92 % des TMS du secteur touchent l'épaule, le coude, le poignet ou la main. C'est la marque des gestes répétés et du travail à hauteur d'épaule, plus que du port de charges lourdes.

La métallurgie est-elle plus exposée que la moyenne ?

Oui. L'indice de fréquence des TMS du comité technique national de la métallurgie est de 3,0 pour 1 000 salariés en 2024, contre 2,0 tous secteurs confondus.

Les accidents du travail du secteur sont-ils liés aux manutentions ?

Pour plus de la moitié : 55 % des accidents du travail de l'industrie métallurgique font suite à une manutention manuelle.

L'échauffement suffit-il à prévenir les TMS en atelier ?

Non. L'INRS rappelle que les exercices physiques complètent les actions de prévention collective (aménagement des postes, aides à la manutention, rotations) et ne les remplacent pas. Sur des gestes répétés à cadence imposée, l'organisation du travail pèse davantage que la préparation physique.

Existe-t-il des aides pour financer la prévention des TMS ?

Oui. La Subvention prévention des risques ergonomiques (FIPU) de l'Assurance Maladie finance, sous conditions, des équipements, des diagnostics et des actions de sensibilisation liés à la manutention, aux postures pénibles et aux vibrations.

Diagnostic offert, 30 minutes

La prévention des TMS dans votre atelier

Trente minutes pour faire le tour de vos postes, de ce qui a déjà été tenté et des priorités à traiter en premier.