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Guide · BTP et travaux publics · Mis à jour en septembre 2026

TMS dans le BTP : chiffres, gestes exposés et démarche de prévention

Les troubles musculosquelettiques (TMS) touchent les muscles, les tendons et les articulations : dos, épaules, coudes, poignets, genoux. Dans le BTP, ils représentent 91 % des maladies professionnelles reconnues (Assurance Maladie). Ce guide rassemble les chiffres, les obligations et les ressources utiles.

Les chiffres

Les TMS, première maladie professionnelle du BTP

Neuf maladies professionnelles sur dix reconnues dans le BTP sont des TMS. Le secteur est aussi plus touché que la moyenne : 3,3 TMS reconnus pour 1 000 salariés en 2024, contre 2,0 pour l'ensemble des secteurs.

ChiffreCe qu'il mesureSource
91 %Part des TMS dans les maladies professionnelles reconnues du BTPAssurance Maladie, 2026
88 %Part des TMS dans les maladies professionnelles reconnues, tous secteursAssurance Maladie, 2026
3,3 ‰Indice de fréquence des TMS dans le BTP en 2024 (2,0 ‰ tous secteurs)Rapport annuel de l'Assurance Maladie, Risques professionnels
1,8 millionJours de travail perdus par les salariés du BTP touchés par des TMS, dont plus de 40 % liés au mal de dosAssurance Maladie, 2026
186 M€Cotisations versées chaque année par les entreprises du BTP au titre de ces maladiesAssurance Maladie, 2026
10 %Part des accidents du travail du BTP liés au mal de dosAssurance Maladie, 2026

Chiffres relevés le 17/09/2026 sur les pages citées en fin de guide.

Les situations exposées

Quels gestes exposent aux TMS sur un chantier ?

Pour l'OPPBTP, tous les corps d'état sont concernés. Les facteurs de risque se cumulent souvent sur une même tâche :

  • les gestes répétés, sur de longues durées
  • les postures contraignantes : bras au-dessus des épaules, travail à genoux, torsion du tronc
  • le port et la manutention de charges
  • les vibrations des outils et des engins
  • des outils inadaptés à la tâche
  • le froid, la chaleur et la pression du temps

Sur un chantier de bureaux en Île-de-France, nos observations métier par métier ont été les suivantes :

MétierZones les plus sollicitées
CarreleursGenoux
TuyauteursÉpaules, hanches
Poseurs de sprinklers et de gainesPoignets, épaules
AscensoristesGenoux, dos, épaules

Observations d'un audit terrain de 4 heures. Elles ne remplacent pas l'évaluation des risques de votre entreprise.

Les obligations

Ce que le Code du travail demande à l'employeur

Il n'existe pas de texte propre aux TMS. Ils relèvent de l'obligation générale de sécurité et de quelques règles précises sur la manutention.

TexteCe qu'il prévoit
L4121-1L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs.
L4121-2Neuf principes de prévention, dont : éviter les risques, les combattre à la source, adapter le travail à l'homme, privilégier la protection collective et instruire les travailleurs.
R4121-2Le document unique (DUERP) est mis à jour au moins chaque année dans les entreprises d'au moins 11 salariés.
R4541-3L'employeur organise le travail et utilise des moyens appropriés, notamment mécaniques, pour éviter la manutention manuelle.
R4541-7 et R4541-8Information sur le poids des charges, information sur les risques et formation à la sécurité pour les travailleurs qui manutentionnent.
R4541-9Au-delà de 55 kg, port habituel soumis à l'avis d'aptitude du médecin du travail, dans la limite de 105 kg ; 25 kg pour les femmes.

Côté reconnaissance, les TMS sont indemnisés au titre des tableaux de maladies professionnelles n° 57, 69, 79, 97 et 98 du régime général (INRS).

La démarche

Comment organiser la prévention des TMS ?

L'Assurance Maladie propose un parcours en quatre étapes, TMS Pros, ouvert à toutes les entreprises. L'ordre compte : l'organisation et le matériel d'abord, les gestes ensuite.

  1. Faire un premier état des lieux

    Déclarations, arrêts, plaintes des équipes, tâches les plus pénibles. Le DUERP est le point de départ.

  2. Formaliser le projet

    Désigner qui pilote, associer l'encadrement de chantier et les représentants du personnel, fixer un calendrier.

  3. Diagnostiquer et agir

    Observer les situations de travail réelles, puis agir d'abord sur l'organisation, les aides à la manutention et les équipements, avant la formation et les exercices.

  4. Mesurer et suivre

    Suivre les actions engagées, les remontées des équipes et les indicateurs, et mettre le DUERP à jour.

Les exercices physiques (échauffement, mobilité) trouvent leur place à la fin de cette liste. L'INRS rappelle qu'ils complètent la prévention collective et ne la remplacent pas.

Pour le financement : la Subvention prévention des risques ergonomiques (FIPU) prend en charge 70 % de certaines dépenses, dans toutes les tailles d'entreprise, sous conditions.

Questions fréquentes

TMS dans le BTP : vos questions

Quelle part des maladies professionnelles du BTP sont des TMS ?

91 % des maladies professionnelles reconnues dans le BTP sont liées à des troubles musculosquelettiques, selon l'Assurance Maladie. Tous secteurs confondus, la part est de 88 %.

Quels métiers du BTP sont les plus exposés aux TMS ?

L'OPPBTP considère que tous les corps d'état sont concernés. Les situations les plus citées : travail bras levés, à genoux, en torsion, gestes répétés, port de charges et outils vibrants.

La prévention des TMS est-elle obligatoire ?

L'employeur a une obligation générale de sécurité (Code du travail, article L4121-1). Les TMS doivent figurer dans l'évaluation des risques et le document unique (DUERP), mis à jour au moins chaque année à partir de 11 salariés.

Quel poids un ouvrier peut-il porter ?

Le Code du travail (article R4541-9) prévoit qu'un travailleur ne porte habituellement plus de 55 kg que s'il a été reconnu apte par le médecin du travail, et jamais plus de 105 kg. Pour les femmes, la limite est de 25 kg, et de 40 kg avec une brouette. L'employeur doit d'abord chercher à éviter la manutention manuelle.

L'échauffement suffit-il à prévenir les TMS ?

Non. L'INRS rappelle que les exercices physiques complètent les actions de prévention collective (organisation, aides à la manutention, aménagement des postes) et ne les remplacent pas. Ils ont un intérêt pour la mise en route et pour le collectif.

Existe-t-il des aides pour financer la prévention des TMS ?

Oui. La Subvention prévention des risques ergonomiques (FIPU) de l'Assurance Maladie finance, sous conditions, des équipements, des diagnostics et des actions de sensibilisation liés à la manutention, aux postures pénibles et aux vibrations.

Sources

Nos sources

  • Assurance Maladie, TMS dans le bâtiment (mise à jour du 11/03/2026) : www.ameli.fr
  • Assurance Maladie, parcours TMS Pros : www.ameli.fr
  • Assurance Maladie, Risques professionnels : rapport annuel 2024 (indices de fréquence des TMS par comité technique national, tableau 26) et part des TMS dans les maladies professionnelles reconnues (2026)
  • OPPBTP, TMS : les risques dans le BTP : www.preventionbtp.fr
  • INRS, campagne de l'OPPBTP sur les TMS (2023) : www.inrs.fr
  • INRS, tableaux des maladies professionnelles : www.inrs.fr
  • INRS, exercices physiques et prévention des TMS (communiqué du 22/01/2019) : www.inrs.fr
  • Code du travail, article L4121-2 : code.travail.gouv.fr
  • Code du travail, article R4121-2 : www.legifrance.gouv.fr
  • Code du travail, articles R4541-7 à R4541-10 : www.legifrance.gouv.fr
  • Code du travail, article R4541-3 : code.travail.gouv.fr
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