Entreprise Jean Lefebvre : prévention des TMS sur chantier en Île-de-France
26 équipes, 3 secteurs franciliens, 14 mois de programme. Comment une agence de travaux publics a installé un rituel d’échauffement que les chefs de chantier ont demandé à poursuivre.
L’échauffement n’arrivait pas à s’installer dans la durée.
Chez Entreprise Jean Lefebvre Île-de-France, l’échauffement avant la prise de poste n’était pas une découverte. Des sensibilisations aux TMS avaient été menées lors des journées sécurité, des supports avaient circulé, et la direction d’agence était convaincue de longue date.
La pratique restait pourtant très inégale d’un chantier à l’autre. Rien ne s’installait durablement, et la direction d’agence ne souhaitait plus porter la démarche seule.
Démarrage de l’accompagnement sur 6 équipes, pour vérifier le format sur le terrain.
Extension aux 26 équipes des 3 secteurs : Vitry, Bagnolet et Valentin TP.
Reconduction pour un an, élargie à l’équipe de l’atelier, à la demande des chefs de chantier.
Préserver la santé dans un métier physiquement exigeant.
Les travaux publics restent un métier physique : port de charges, postures contraignantes, gestes répétés. Les restrictions médicales compliquent l’organisation des équipes et le maintien dans l’emploi, dans une profession qui peine déjà à recruter.
À l’échelle nationale, les troubles musculosquelettiques représentent 88 % des maladies professionnelles reconnues (Assurance Maladie). L’objectif posé avec la direction d’agence tenait en trois points :
- Préserver la santé des équipes sur la durée.
- Favoriser le maintien dans l’emploi, en amont des restrictions.
- Rendre le métier plus attractif pour ceux qui y entrent.
Pour situer ce que ces arrêts représentent dans une entreprise, notre simulateur du coût des TMS donne un ordre de grandeur à partir des chiffres de l’Assurance Maladie.
Un coach passe chaque mois. Le rituel vit chaque jour.
Nous installons et entretenons un rituel, équipe par équipe, en prenant en charge l’organisation sur le terrain. C’est le principe du
Des séances personnalisées par équipe et par métier, avec des recommandations sur les positions de travail réelles, reprises d’une visite à l’autre. Chefs de chantier co-organisateurs, encadrement invité aux séances via un planning partagé des interventions. 1 coaching mensuel par équipe pour faire vivre la pratique entre les passages du coach, avec des supports remis à chaque équipe.Adapter
Impliquer
Entretenir
En complément : des supports que chaque équipe garde pour refaire les mouvements sans nous, et du renforcement musculaire pour les équipes volontaires. Notre méthode complète est décrite ici.
Trois secteurs, des chantiers qui changent tous les mois.
Les équipes de l’agence interviennent sur des chantiers de voirie et de réseaux répartis en Île-de-France, depuis les secteurs de Vitry-sur-Seine, de Bagnolet et de Valentin TP. Un chantier ouvre, se termine, l’équipe part ailleurs : c’est la contrainte principale d’une démarche de prévention sur le terrain, et celle qui met en échec les formats organisés en salle.
Trois choix d’organisation en découlent.
Le coach se déplace, pas les équipes
La séance a lieu sur le chantier, au démarrage de la journée, avec les compagnons présents ce matin-là. Aucune équipe ne se déplace.
Un planning partagé chaque mois
Les passages sont calés avec les chefs de chantier selon l’avancement des travaux, et l’encadrement sait où et quand il peut venir.
Des coachs franciliens
Nos coachs interviennent à Paris et dans les départements d’Île-de-France. Cette proximité rend possible une visite mensuelle par équipe, sur trois secteurs à la fois.
C’est l’organisation que nous proposons aux agences de travaux publics et de BTP en Île-de-France, après un état des lieux sur le terrain. Pour un dispositif comparable dans un autre groupe, voir l’étude de cas Colas GPO Gennevilliers.
L’accompagnement a été renouvelé à la demande des chefs de chantier.
Au bout d’un an, la direction d’agence constate que les 26 équipes pratiquent
entre les passages du coach, au minimum deux fois par semaine.
Adoption
Des échauffements constatés lors de visites hiérarchiques inopinées, sans annonce préalable.
Un chef de chantier d’abord réfractaire est devenu, selon la direction, « un des plus engagés de l’agence ».
Cohésion
Un rituel collectif au démarrage de la journée.
Les écarts entre les trois secteurs se sont resserrés.
Management
L’encadrement participe aux séances.
La démarche ne repose plus sur la seule direction d’agence.
Pérennité
Accompagnement renouvelé pour un an après les 14 premiers mois.
Périmètre élargi à l’équipe de l’atelier.
« Ça a fait bouger les choses, ça a permis de modifier les mentalités. »
« Après un an, on poursuit l’accompagnement à la demande des chefs de chantier. »
« Se faire épauler par des professionnels donne davantage de légitimité à la démarche. »
Ce que nous ne mesurons pas
Nous ne présentons aucune baisse de TMS, d’arrêts ou d’accidents sur ce programme : elle n’a pas été mesurée, et la direction d’agence est la première à dire que ces effets-là se constateront sur plusieurs années.
Ce qui est observé à 14 mois porte sur la pratique et sur l’adhésion : des équipes qui s’échauffent en dehors des visites du coach, un encadrement présent aux séances, un contrat reconduit.
L’INRS rappelle qu’il manque de preuves sur l’efficacité des exercices physiques pour prévenir les TMS, sauf pour les douleurs du cou et des épaules en travail de bureau, et que ces exercices viennent en complément des actions de prévention collective, jamais à leur place. C’est la position que nous tenons devant nos clients.
Vous portez la prévention seul dans votre agence ?
L’échauffement existe déjà dans beaucoup d’entreprises. La difficulté, c’est de le faire durer. Diagnostic offert, 30 minutes pour comprendre votre organisation, puis un état des lieux terrain avec une ou deux de vos équipes.
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